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Archives de Tag: guerre d’Algérie

Nous payons les dénis successifs de la réalité

«Comment en sommes-nous arrivés là?» demandiez-vous. C’est aux tenants du déni de réalité qu’il faudra demain poser la question, aux responsables du paternalisme néocolonial qui a réduit les Français d’origine étrangère à leurs racines, et les a infantilisés par une culture de l’excuse qui, in fine, leur signifiait qu’ils n’étaient pas des égaux. Alors, passée l’«étrange défaite», commencera peut-être le temps de l’analyse. »
Je vous livre tout cru cette analyse de Georges Bensoussan, responsable éditorial du Mémorial de la Shoah, parce que je le trouve très juste et que j’en partage tous les points. Bonne lecture.
La Connectrice
Georges Bensoussan : «Nous payons les dénis successifs de réalité»
Georges Bensoussan : «Nous payons les dénis successifs de réalité»

Le responsable éditorial du Mémorial de la Shoah décrit le phénomène de déliquescence de la nation qui a entraîné des jeunes Français à rejoindre les combattants de l’État islamique et à préparer l’attaque barbare du 13 novembre.

INTERVIEW – Le responsable éditorial du Mémorial de la Shoah décrit le phénomène de déliquescence de la nation qui a entraîné des jeunes Français à rejoindre les combattants de l’État islamique et à préparer l’attaque barbare du 13 novembre.

LE FIGARO.- PLUSIEURS TERRORISTES DE LA TUERIE DU BATACLAN ÉTAIENT D’ANCIENS DÉLINQUANTS DE BANLIEUE. Y VOYEZ-VOUS UNE NOUVELLE PREUVE DE L’EXISTENCE DE «TERRITOIRES PERDUS DE LA RÉPUBLIQUE»?

GEORGES BENSOUSSAN.- Il semble que la majorité des terroristes venait de ce que l’on appelle aujourd’hui les «territoires perdus de la République», un livre de 2002 et une expression passée dans le langage courant, mais où nos détracteurs ont vu des relents de guerre coloniale. Une interprétation violente qui dit d’abord l’imaginaire de boutefeux obsédés par la guerre d’Algérie qu’ils pensent inachevable.

COMMENT EN EST-ON ARRIVÉ LÀ?

C’est banalement la conjugaison de plusieurs facteurs qui est à l’origine du désastre. Pourquoi et comment se sont formés des ghettos sociaux et ethniques? Comment le chômage de masse a joué son rôle, couplé à des formes sournoises de discrimination. Pour autant, l’explication est très insuffisante, entre autres, parce que l’immigration renvoie à bien d’autres populations où elle ne génère pas cette ultraviolence.

Comment le pays d’accueil pouvait-il intégrer quand une partie de ses élites intellectuelles et médiatiques croyait elle-même si peu à la transmission de son patrimoine culturel? Quand une partie de la classe politique qui était informée de l’ampleur des problèmes d’intégration s’est tue. En laissant entendre qu’en investissant massivement dans ces banlieues, on viendrait à bout d’un problème réduit à sa seule dimension sociale.

«La méconnaissance de l’anthropologie du monde arabo-musulman aggrave les problèmes d’intégration, tout autant que le déni du culturel ou la frilosité de la réflexion dès qu’il s’agit de l’islam, deuxième religion du pays.»

La mauvaise conscience coloniale et la rupture intellectuelle post-1968 (sa postérité gauchiste surtout) ont contribué à mal poser la question de l’intégration culturelle. Là où il fallait insister sur l’appartenance commune à la nation, on a mis en avant la diversité (surtout pour les autres d’ailleurs). Comme on a abaissé le niveau des exigences nationales (qu’est-ce qu’être français?) et culturelles, comme on a sous-estimé la pression de la communauté sur les individus qu’il fallait aider à s’émanciper du groupe d’origine. À cet égard, l’une des rares embellies fut la loi sur le voile en 2004 qui a libéré un grand nombre de musulmanes autant que de musulmans de France.

Le second volet de la question est la nécessaire réforme de l’islam eu égard à l’univers démocratique qui l’accueille en Occident, à ces sociétés sécularisées marquées par ce que, à la suite de Max Weber, Marcel Gauchet nommait le désenchantement du monde.

POUR BEAUCOUP, LES RACINES DU MAL SONT SOCIALES. PARTAGEZ-VOUS CE POINT DE VUE?

Une partie des causes sont sociales. Pour autant, alors que l’immigration vient aussi d’Asie, d’Afrique et même d’Europe, pourquoi est-ce surtout de l’immigration arabo-musulmane qu’est venue cette hyperviolence? Pour rappel, c’est de cette même immigration qu’étaient issus la plupart des fanatiques islamistes, de Khaled Kelkal en 1995, à Nemmouche au Musée juif de Bruxelles en 2014, en passant par Merah en 2012 et les frères Kouachi en 2015? La méconnaissance de l’anthropologie du monde arabo-musulman aggrave les problèmes d’intégration, tout autant que le déni du culturel ou la frilosité de la réflexion dès qu’il s’agit de l’islam, deuxième religion du pays.

CE SONT DES FRANÇAIS QUI ONT TIRÉ CONTRE D’AUTRES FRANÇAIS…

«Ce ne sont pas là des ‘gestes fous’, ce sont des gestes qui relèvent d’un autre univers mental et culturel.»

Une partie de la population française ne se reconnaît plus dans les valeurs démocratiques et républicaines de la France. Et encore moins dans son histoire. Cette part-là de la population semble faire sécession en assurant qu’elle «n’est pas Charlie». Du coup, la radicalisation islamiste de certains, et l’approbation apportée par les mêmes aux attentats de janvier 2015 évoquent les germes d’une guerre civile. Si bien que la guerre menée à l’extérieur contre l’État islamique se double dans la société française d’une guerre bien peu classique, et plus angoissante encore, quand le front, désormais, est aussi intérieur.

L’oubli des matrices culturelles, comme l’idée que l’humanité tout entière partagerait les mêmes valeurs, relève d’une pieuse illusion. Ne pas comprendre, par exemple, la mystique du sacrifice (shahid) dans l’islam, c’est se refuser d’entendre pourquoi des hommes jeunes cherchent à assassiner un maximum d’hommes et de femmes tout aussi jeunes qu’eux (parlant la même langue, et nés sur le même sol), avant de se faire exploser. Ce ne sont pas là des «gestes fous», ce sont des gestes qui relèvent d’un autre univers mental et culturel.

La question des responsabilités mettra un jour en lumière les dénis successifs de réalité. Si l’émotion qui accompagne ce carnage n’ouvre pas du côté des élites politiques, intellectuelles et médiatiques sur une parole vraie et un peu plus courageuse qu’à l’ordinaire, et qui mette en accusation l’islam radical qui détourne une partie de la jeunesse française pour en faire un «ennemi de l’intérieur», alors il faudra se souvenir de ce mot de Bossuet dans un sermon de 1662: «Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets des maux dont ils chérissent les causes.»

«Comment en sommes-nous arrivés là?» demandiez-vous. C’est aux tenants du déni de réalité qu’il faudra demain poser la question, aux responsables du paternalisme néocolonial qui a réduit les Français d’origine étrangère à leurs racines, et les a infantilisés par une culture de l’excuse qui, in fine, leur signifiait qu’ils n’étaient pas des égaux. Alors, passée l’«étrange défaite», commencera peut-être le temps de l’analyse.

Source :©  Le Figaro Premium – Georges Bensoussan : «Nous payons les dénis successifs de réalité»  Par Alexandre Devecchio

Mitterrand : rien à cirer !

Publié le

J’ai horreur de l’idolâtrie et, de toutes façons, j’avais horreur de cet hypocrite confit en dévotion de lui-même, de ses manipulations, de sa manière vicieuse et s’exprimer en parlant lentement d’un air inspiré pour contraindre les gens à attendre la suite de son discours fumeux. J’ai détesté apprendre qu’il était bigame aux frais de la République, qu’il a rendu malheureux des gens qui s’étaient sacrifiés pour lui comme François de Grossouvre ou Pierre Bérégovoy, qu’il avait collaboré et reçu l’ordre de la Francisque des mains de Philippe Pétain, qu’il avait été un terrible ministre de l’intérieur sous Guy Mollet ordonnant à l’armée française de torturer et tuer les résistants algériens, qu’il avait caché et soutenu le criminel de guerre antisémite René Bousquet, etc.

Pour moi, Mitterrrand était un sale type et s’il était aux affaires aujourd’hui, il ferait comme Sarkozy. Beaucoup de baratin, de foutage de gueule, de l’argent pour les riches et du mépris pour les pauvres.

Je trouve regrettable qu’il ait viré Rocard et Edith Cresson qu’il avait envoyée au casse gueule pour prouver que les femmes n’étaient pas capables de gouverner.

Mais j’ai voté pour lui en 1981 et en 1988 parce qu’il représentait la gauche et que je n’avais pas le choix. A cette époque, la gauche avait encore des tripes et de l’allure, le dialogue social avait quelque réalité.

Oui, j’ai été contente en 1981 quand la gauche est venue, enfin, au pouvoir et je me souviens de la joie naïve et spontanée de Jospin à l’annonce des résultats. C’est la seule fois où  je l’ai trouvé sympathique.

Je reconnais à Mitterrand d’avoir été un bon comédien pour interpréter le rôle de Président de notre monarchie républicaine qui a pris avec lui plus de la monarchie que de la République.

Grâce à Mitterrand j’ai découvert l’existence du RPR -PS, devenu aujourd’hui l’UMPS. grâce à lui, j’ai compris qu’on ne pouvait faire confiance à aucun politique, que c’était un sale job qui reposait sur le mensonge et la manipulation et exigeait de diviser pour régner. J’ai aussi appris que les gens de gauche n’étaient pas meilleurs que les gens de droite et qu’on pouvait trouver des bonnes et des mauvaises pratiques chez les uns comme chez les autres, que les divisions politiques visaient à tromper le peuple, à le gruger, pour favoriser toujours la même classe bourgeoise cynique et égoïste qui fraternisait derrière son dos et envoyait au casse-pipe les idéalistes.

Aujourd’hui, grâce à Internet, presque tout le monde peut s’exprimer et se rassembler par affinité, les révoltes  arabes l’ont prouvé même si elles n’ont pas débouché sur une révolution démocratique, à l’exception semble-t-il de la Tunisie.

Si les Français le voulaient, ils pourraient lâcher tous les partis qui les abusent et faire pression sur ces mendiants de voix qui ne pensent qu’à se faire élire et réélire dans leur propre et unique intérêt indifférents au bien commun..

En 2007 j’ai voté pour Ségolène Royal parce que, quoique politicienne professionnelle, c’est la plus proche des réalités politiques et qu’elle est la seule à se préoccuper sincèrement de l’éducation qui est le socle d’une société harmonieuse. Dommage qu’elle n’ait pas quitté le PS pour rassembler ces foules qui l’appréciaient.

En 2012, je ne voterai pas car j’ai la chance de vivre dans un pays encore démocratique mais où le système politique n’a aucun sens. L’abstention est devenue auourd’hui la plus haute expression du civisme.

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